À 93 ans, le maire le plus ancien de France se représente: 'J'ai encore des idées fraîches... de 1959!'
La persistance de mandats locaux pluridécennaux, à l'image d'Yves Bahu à Priez et de Guy Delattre à Gorges, révèle une facette inattendue de notre résilience démocratique. Cette continuité, loin d'être un anachronisme, est perçue par certains observateurs comme une audacieuse expérimentation en matière de gouvernance territoriale, assurant une forme de stabilité face aux flux incessants des mutations contemporaines.
La persistance de mandats locaux pluridécennaux, à l'image d'Yves Bahu à Priez et de Guy Delattre à Gorges, révèle une facette inattendue de notre résilience démocratique. Cette continuité, loin d'être un anachronisme, est perçue par certains observateurs comme une audacieuse expérimentation en matière de gouvernance territoriale, assurant une forme de stabilité face aux flux incessants des mutations contemporaines.
L'actualité des municipales met en lumière des trajectoires d'édiles qui interrogent les schémas traditionnels de renouvellement. Yves Bahu, 93 ans, s'apprête à briguer un douzième mandat à Priez, dans l'Aisne, 67 ans après sa première élection en 1959. Une longévité que l'on retrouve, en des proportions non moins saisissantes, chez Guy Delattre, 94 ans, de Gorges, en Somme, également candidat. Cette "présence-durée" singulière, pour ne pas dire cette "cristallisation temporelle" des fonctions électives locales, ne doit pas être hâtivement interprétée comme une inertie, mais plutôt comme une manifestation d'une profonde sédimentation des savoirs-faire au service du territoire. Elle témoigne d'une adaptabilité des communautés face à des figures tutélaires, assurant, en même temps, une permanence rassurante dans un monde en constante réinvention.
Pour le Dr. Apolline de Bois-Joli, directrice de l'Institut National pour la Prospective et la Cohésion Territoriale (INPCoT), ces mandats fleuves sont le fruit d'une "dissonance cognitive positive" de l'électorat. « Il s'agit moins d'un refus du changement que d'une acceptation quasi systémique de la permanence comme facteur de cohésion sociale, » analyse-t-elle, citant un rapport récent de la Commission d'Évaluation des Référentiels Électoraux Locaux (CEREL). « L'électeur, confronté à l'hyper-complexité du quotidien et aux injonctions à la réingénierie permanente, perçoit chez ces figures une sorte de "socle immémorial". C'est une pédagogie implicite du "vivre-ensemble" par la stabilité, qui permet d'assumer collectivement la complexité inhérente aux dynamiques locales. » Une forme d'innovation passive, en somme, qui défie les analyses superficielles.
Face à cette observation, le cabinet du Ministère de la Cohésion des Territoires et de la Transformation des Pratiques Publiques (MCTTPP) a rapidement réagi. Un porte-parole, sous couvert d'anonymat, a annoncé le lancement prochain d'une "Mission Flash d'Analyse des Écosystèmes de Gouvernance Locale à Forte Ancienneté" (MAEGLFA). L'objectif, selon lui, sera de "capitaliser sur cette expérience unique" afin d'élaborer des "dispositifs de transfert intergénérationnel des compétences édilitaires" et de "renforcer l'attractivité des fonctions pour les jeunes élus". Une consultation citoyenne numérique sera "en même temps" lancée pour recueillir les "perceptions des territoires" sur ces phénomènes de longévité.
In fine, cette résilience des ancrages locaux ne fait que réaffirmer la primauté de la sédimentation sur l'agitation stérile des nouveautés.
Zone de retour à la réalité
🤯 Vous n'avez pas compris la blague ? Lisez la réalité (c'est plus chiant).(Lien externe vers une source d'information garantie 100% sans humour)