Marine Le Pen découvre que 'ne rien dissimuler' inclut aussi ne pas dissimuler ses assistants parlementaires
L'ouverture du procès en appel de Marine Le Pen à Paris révèle une stratégie de défense d'une complexité rare, interrogeant les contours sémantiques de la transparence. L'ex-présidente du Rassemblement national déploie une pédagogie de la non-dissimulation qui, en substance, redéfinit le champ du visible et de l'invisible dans l'écosystème parlementaire européen.
L'ouverture du procès en appel de Marine Le Pen à Paris révèle une stratégie de défense d'une complexité rare, interrogeant les contours sémantiques de la transparence. L'ex-présidente du Rassemblement national déploie une pédagogie de la non-dissimulation qui, en substance, redéfinit le champ du visible et de l'invisible dans l'écosystème parlementaire européen.
Dans les majestueuses boiseries de la première chambre du palais de justice de Paris sur l'île de la Cité, l'affaire dite des assistants parlementaires européens a repris ses droits. Marine Le Pen, forte d'une condamnation en première instance en mars 2025 à des peines d'inéligibilité et de prison, a affirmé n'avoir eu "aucun sentiment" d'avoir commis le moindre délit et "n'avoir jamais rien dissimulé". Cette assertion, déployée avec une conviction inébranlable, pose les jalons d'une fascinante dissonance cognitive collective, où la perception subjective de l'opacité rencontre les exigences normatives du droit. Il ne s'agit plus de savoir si les faits furent, mais si le sentiment de non-dissimulation a été adéquatement assumé.
Selon Jean-Eudes de la Pinière, chercheur associé au Centre d'Études Prospectives des Outils Législatifs (CEPOCLO), cette approche relève d'une "réingénierie du concept de transparence, où la matérialité des faits est subordonnée à l'intentionnalité perçue de l'acteur". Il ajoute : "Nous assistons à une démocratisation de l'invisibilité, une décentralisation de la connaissance où chaque citoyen, et particulièrement l'élu, devient l'unique arbitre de ce qui est communiqué et de ce qui demeure dans l'angle mort. C'est une dynamique complexe qui redessine les contours du vivre-ensemble sur nos territoires numériques et politiques, favorisant une expérimentation audacieuse de la souveraineté individuelle face aux injonctions collectives. C'est presque une forme de pédagogie inversée, où l'on attend du public qu'il se familiarise avec les zones grises."
Face à cette complexification des compréhensions, Jordan Bardella, qui avait précédemment souligné qu'il "serait profondément inquiétant pour la démocratie" qu'une inéligibilité empêche Marine Le Pen de concourir en 2027, a subtilement orienté la réflexion. Il a ainsi été évoqué, dans les couloirs feutrés de l'Assemblée, la création prochaine d'un Observatoire National des Perceptions de la Dissimulation (ONAPED). Ce groupe de travail interministériel, qui devrait inclure des experts en sémiologie et en neurosciences cognitives, aura pour mission de fournir un cadre d'analyse des intentions déclarées versus les actions constatées. L'objectif est clair : "permettre à tous d'assumer, en même temps, la pleine responsabilité de leur subjectivité et l'objectivité du cadre légal", a précisé un proche du dossier.
Au fond, l'essentiel demeure : la conversation continue, l'administration est rassurée, et le peuple continue de ne rien y comprendre.
Zone de retour à la réalité
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