Le gouvernement dévoile son nouveau plan pour 'discuter avec vous' : vos messages chiffrés, notre passion.
Pff. Encore. Franchement, devoir écrire sur le grand classique annuel : le gouvernement qui veut absolument lire vos messages. Comme si ma journée n'était pas déjà assez longue. Qui peut bien trouver ça intéressant ? Apparemment, nous. Ou du moins, ceux qui paient mon salaire de misère pour que je vous raconte cette farandole de l'absurde. Alors, respirez un grand coup et essayons de faire semblant que tout ceci a une quelconque importance.
Pff. Encore. Franchement, devoir écrire sur le grand classique annuel : le gouvernement qui veut absolument lire vos messages. Comme si ma journée n'était pas déjà assez longue. Qui peut bien trouver ça intéressant ? Apparemment, nous. Ou du moins, ceux qui paient mon salaire de misère pour que je vous raconte cette farandole de l'absurde. Alors, respirez un grand coup et essayons de faire semblant que tout ceci a une quelconque importance.
Bref, nos chers décideurs, après avoir déjà tenté l'année dernière de passer en douce un amendement pour fouiner dans vos discussions chiffrées (oui, celui qui a été balayé d'un revers de main par des gens qui, eux, s'y connaissent en technologie), n'ont visiblement pas retenu la leçon. Non, loin de là. Sous la houlette d'un Sébastien Lecornu qui, j'imagine, avait d'autres chats à fouetter mais qui s'est dit "tiens, une idée géniale !", un certain Florent Boudié, député de son état et président de la commission des lois (parce qu'il fallait bien un titre ronflant), a été missionné. Sa tâche ? Chercher de nouvelles "possibilités d’évolution des dispositifs juridiques existants" pour "préserver l’accès nécessaire et encadré aux communications dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée". Ah, le terrorisme, la criminalité organisée. Toujours les mêmes vieilles ficelles. Comme si les grands criminels utilisaient WhatsApp pour planifier leurs méfaits en criant "Allô, la police, on est là !"
C'est là que je me suis dit, tiens, demandons aux gens ce qu'ils en pensent. Histoire de remplir un peu l'article. J'ai attrapé Kevin, 22 ans, lunettes sur le front, en train de scroller devant la machine à café. « Euh… Signal ? C’est pas l’appli pour les photos de chats ? Je sais pas trop, moi je mets toujours des emojis pour cacher mes messages, ça doit suffire non ? » Formidable. Son inquiétude principale était de savoir si cela allait affecter son forfait data.
Un peu plus loin, j'ai croisé Mireille, 68 ans, qui semblait plus au fait. « Ah, oui, le gouvernement qui veut tout savoir. Comme la dernière fois avec les factures d'électricité. C'est du chiffrage, qu'ils disent. Moi, ma petite-fille m'a dit de faire attention à ce que j'écris sur le groupe familial. Mais bon, entre les recettes de quiche et les photos du jardin, je ne pense pas qu'ils vont trouver un réseau terroriste. À part si le terrorisme c'est de vouloir faire manger des endives à tout le monde. » On a les sources qu'on peut.
Allez, on continue. La "mission" Boudié a trois mois pour rendre ses conclusions. Trois mois pour "étudier des pistes de manœuvres européennes". En gros, ils vont essayer de convaincre leurs voisins que l'idée d'affaiblir la sécurité numérique de tout le monde pour attraper quelques méchants, c'est une idée du siècle. Une porte dérobée, comme ils appellent ça. Une brèche potentielle pour tout et n'importe quoi. Mais bon, ils persévèrent. C'est beau. Ou pitoyable. Je ne sais plus trop, la nuance m'échappe à force d'écrire sur ces fadaises.
Bref. Vos messages. Votre vie privée. La lutte contre le terrorisme. Demain, tout le monde aura oublié cet article, moi le premier. La seule chose qui compte, c'est que la machine à café ne tombe pas en panne. Si vous avez lu jusqu'ici, vous n'avez décidément rien d'autre à faire. À la prochaine futilité, j'imagine.
Zone de retour à la réalité
🤯 Vous n'avez pas compris la blague ? Lisez la réalité (c'est plus chiant).(Lien externe vers une source d'information garantie 100% sans humour)