L'influenceuse 'Constipée de France' décroche un partenariat exclusif avec une marque de pruneaux et lance son filtre 'Transit Express'
Ah, la société. Ses drames, ses passions, ses avancées... et puis, il y a ça. Un matin, le rédacteur en chef – qui doit me détester – a posé ce dossier sur mon bureau. "Afoutre, ça, c'est pour vous." Je suppose qu'il a perçu le potentiel infini de ce sujet. Ou qu'il voulait juste me punir. Préparez-vous, âmes sensibles, à une plongée dans les tréfonds de l'existence humaine, ou du moins, de ses intestins. Un sujet d'une importance capitale, vous en conviendrez. Pff...
Ah, la société. Ses drames, ses passions, ses avancées... et puis, il y a ça. Un matin, le rédacteur en chef – qui doit me détester – a posé ce dossier sur mon bureau. "Afoutre, ça, c'est pour vous." Je suppose qu'il a perçu le potentiel infini de ce sujet. Ou qu'il voulait juste me punir. Préparez-vous, âmes sensibles, à une plongée dans les tréfonds de l'existence humaine, ou du moins, de ses intestins. Un sujet d'une importance capitale, vous en conviendrez. Pff...
Alors voilà. Il semble que nous vivons une ère où le tabou n'existe plus, ou du moins, n'est plus rentable. Fanny, une "créatrice de contenu" dont le talent principal semble être sa capacité à ne pas... disons, aller à la selle régulièrement, est devenue une vedette. "Tout le monde sait que je suis la nana la plus constipée de France", qu'elle dit. Et apparemment, "tout le monde" s'en soucie suffisamment pour la suivre en ligne. Les hashtags #GutHealth fleurissent, avec des jeunes gens partageant des photos de leurs ventres gonflés, fiers de leurs ballonnements. Quelle époque, mes amis. Quelle époque.
Il n'a donc pas fallu longtemps avant que le génie entrepreneurial frappe. Fanny, notre "Constipée de France", a décroché un partenariat avec une marque de pruneaux. Logique, n'est-ce pas ? La boucle est bouclée. Non contente de ça, elle a même lancé son propre filtre Instagram, le "Transit Express". J'imagine les millions d'adolescents essayant fièrement ce filtre qui, je suppose, transforme leur visage en un emoji de côlon souriant ou quelque chose du genre. L'innovation à son apogée.
J'ai essayé de comprendre. J'ai demandé à Kevin, 22 ans, étudiant en quelque chose qui finit par "-ologie" : "Tu trouves ça pertinent, toi, ce genre d'infos ?" Il m'a regardé avec ses yeux injectés de cernes et m'a juste demandé du feu. Plus tard, j'ai croisé Marie-Chantal, 73 ans, à la machine à café. "Vous pensez quoi des influenceuses qui parlent de leurs problèmes intestinaux ?" Elle m'a répondu, avec l'autorité de l'âge, qu'à son époque, on n'exposait pas "ses misères" sur la place publique. "Et puis les pruneaux, c'est bon, mais faut pas en faire un drame." J'avoue, j'étais presque d'accord avec elle.
Un sociologue a expliqué que ce phénomène s'inscrit dans une "culture de l'authenticité". Oui, bien sûr. C'est ça l'authenticité aujourd'hui : se vider de son intimité pour remplir son compte en banque. Bref. J'ai un article à finir, une date limite à respecter et un café froid à portée de main.
Au final, tout ça n'a aucune importance. Dans 100 ans, personne ne se souviendra de Fanny, des pruneaux, ni même de moi et de mes lignes aigres-douces. La Terre continuera de tourner, et d'autres personnes, tout aussi insignifiantes, feront d'autres choses tout aussi inintéressantes. Si vous avez lu jusqu'ici, vous n'avez vraiment pas de vie.
Zone de retour à la réalité
🤯 Vous n'avez pas compris la blague ? Lisez la réalité (c'est plus chiant).(Lien externe vers une source d'information garantie 100% sans humour)