Révélations sur l'Abbé Pierre : 'Finalement, le partage, c'était aussi avec lui-même'
Pff. Encore une icône qui glisse du piédestal pour atterrir avec un bruit mou sur le sol déjà bien encombré des désillusions collectives. Mon chef, un être manifestement privé de sommeil et d'humour, m'a gentiment prié de me pencher sur le cas de l'Abbé Pierre. Comme si j'avais besoin de ça. Comme si le monde n'avait pas déjà assez de problèmes concrets pour s'apitoyer sur les turpitudes d'un barbu en soutane. Bref, allez, on y va. J'espère qu'il me reste du café.
Révélations sur l'Abbé Pierre : 'Finalement, le partage, c'était aussi avec lui-même'
Pff. Encore une icône qui glisse du piédestal pour atterrir avec un bruit mou sur le sol déjà bien encombré des désillusions collectives. Mon chef, un être manifestement privé de sommeil et d'humour, m'a gentiment prié de me pencher sur le cas de l'Abbé Pierre. Comme si j'avais besoin de ça. Comme si le monde n'avait pas déjà assez de problèmes concrets pour s'apitoyer sur les turpitudes d'un barbu en soutane. Bref, allez, on y va. J'espère qu'il me reste du café.
Ah, l'Abbé Pierre. L'apôtre des pauvres. La figure tutélaire de la charité française. On nous a nourris de son image d'homme simple, dévoué, sans le sou. Sauf que, surprise (ou pas) : il semblerait que le bonhomme savait aussi très bien partager... avec lui-même. Les enquêtes récentes – ah, les enquêtes, ce passe-temps si futile – révèlent que l'Abbé avait une conception assez élastique de la propriété, confondant allègrement ses deniers personnels avec les fonds d'Emmaüs. On nous parle d'opacité sur ses revenus, d'appartements parisiens dont il détenait les clés. Qui l'eût cru ? Personne. Ou tout le monde. C'est selon la capacité de chacun à croire au Père Noël, je suppose.
Et comme si ce n'était pas suffisant pour dézinguer une légende, il faut aussi ajouter les histoires, beaucoup moins mignonnes, d'agressions sexuelles et d'emprise. Visiblement, le curé usait de son pouvoir et de son statut de "bienfaiteur" pour obtenir des faveurs de femmes vulnérables. Une mineure y serait passée. Le mouvement Emmaüs, dans une tentative louable mais sans doute vaine de sauver les meubles, a dû faire le grand ménage et avouer la chose. C'est ce qu'on appelle "communiquer". Ça sonne mieux que "essayer d'éteindre l'incendie avant que tout ne flambe".
Pour "prendre le pouls de l'opinion", comme on dit si joliment dans notre métier, j'ai tenté d'interroger quelques spécimens. J'ai abordé Kevin, 22 ans, "influenceur" stagiaire en trottinette. « L'Abbé Pierre ? Ah, le mec avec la barbe ? Je savais qu'il y avait un truc louche. Toujours se méfier des gens trop gentils, non ? Vous avez du feu ? » J'ai ensuite accosté Chantal, 68 ans, retraitée des PTT. « Ah, cet homme ! Tant de déception. Mais c'est toujours pareil. Ils ont tous leurs petits jardins secrets, n'est-ce pas ? La nature humaine, mon cher. Rien de neuf sous le soleil. » Voilà. Le grand public est soit perdu dans la brume, soit parfaitement blasé. Quel scoop.
Franchement, c'est épuisant. On passe notre vie à déterrer des vérités qui n'étonnent plus personne, à pointer du doigt l'hypocrisie humaine comme si c'était une nouveauté. On se démène pour pondre des articles sur des drames annoncés, des scandales qui se ressemblent tous, des "révélations" qui ne font que confirmer ce qu'on soupçonnait déjà. Mon salaire ne reflète pas cette quête existentielle, soit dit en passant. J'adorerais être ailleurs. Sur une plage, par exemple. Ou dans mon lit.
Bref, voilà. L'Abbé Pierre. L'homme, l'icône, l'arnaque potentielle. Dans cent ans, tout le monde aura oublié cet article, l'Abbé, et probablement même ma modeste contribution à l'éclaircissement du grand vide. Mais au moins, je peux retourner à ma tasse de café vide.
Zone de retour à la réalité
🤯 Vous n'avez pas compris la blague ? Lisez la réalité (c'est plus chiant).(Lien externe vers une source d'information garantie 100% sans humour)